État de santé de Kassory Fofana : son avocat lance un cri d’alarme et réclame une évacuation sanitaire urgente
Les avocats de l’ancien Premier ministre guinéen, Dr Ibrahima Kassory Fofana, tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la dégradation de l’état de santé de leur client. Alors que celui-ci est toujours hospitalisé à la Clinique Pasteur de Conakry, ses conseils dénoncent une prise en charge médicale qu’ils jugent insuffisante et réclament son évacuation vers un établissement spécialisé à l’étranger.
Ce vendredi 7 août 2026, Me Dinah Sampil, l’un des avocats de l’ancien chef du Gouvernement et ancien bâtonnier, a fait part de vives inquiétudes concernant l’évolution de la situation sanitaire de son client. Selon lui, malgré son hospitalisation, Dr Ibrahima Kassory Fofana ne bénéficierait toujours pas des soins spécialisés nécessaires à son état.
« Mon client est dans un état très dégradé. Rappelez-vous, cela fait au moins trois ans que nous avons commencé à parler, à alerter et à sensibiliser sur son état de santé, afin qu’il puisse avoir le droit d’aller se faire soigner », a déclaré Me Dinah Sampil.
L’avocat rappelle que, quelques mois avant l’arrestation de l’ancien Premier ministre, celui-ci devait se rendre à l’Hôpital Américain de Paris pour poursuivre des examens médicaux. Un rendez-vous aurait notamment été fixé par l’établissement parisien pour la poursuite de sa prise en charge.
« Je rappelle aussi que, quelques mois avant son arrestation, il devait se rendre à l’Hôpital Américain de Paris, qui lui avait fixé une échéance à laquelle il devait revenir pour des examens », a-t-il ajouté. Une santé qui se serait fortement dégradée en détention
Pour Me Dinah Sampil, l’absence d’une prise en charge médicale spécialisée aurait eu des conséquences considérables sur l’évolution de l’état de santé de son client. L’avocat affirme notamment que l’ancien Premier ministre aurait progressivement perdu son autonomie au fil des années.
Selon lui, la pathologie dont souffre Dr Kassory Fofana n’aurait pas été suffisamment identifiée ni traitée, malgré les alertes répétées de sa défense.
« Cette maladie, d’abord, n’ayant pas été identifiée à l’Hôpital Américain de Paris, n’a pas non plus pu l’être ici, à Conakry. On n’a fait que constater un état de fait qui avait déjà été décrit », soutient l’avocat.
Me Sampil dénonce surtout l’absence, selon lui, de traitement curatif durant la période de détention de son client. Il estime que les médicaments administrés jusqu’ici auraient essentiellement servi à atténuer les douleurs, sans s’attaquer à la cause de la maladie.
« Pendant tout ce temps de sa détention, il n’a bénéficié d’aucun soin curatif. On le bombarde de calmants pour qu’il puisse supporter cette douleur. Or, un calmant n’est pas un soin », affirme-t-il.
L’avocat décrit ainsi une dégradation importante de la mobilité de l’ancien Premier ministre. Il affirme que celui-ci, qui pouvait auparavant se déplacer seul, serait désormais contraint de bénéficier de l’assistance d’une autre personne.
« À l’époque, il se déplaçait de lui-même. Aujourd’hui, il lui est impossible de se déplacer seul, sans être soutenu par une autre personne », a-t-il déclaré.
La défense réclame une évacuation sanitaire
Face à cette situation, la défense de Dr Ibrahima Kassory Fofana renouvelle sa demande d’évacuation sanitaire. Me Dinah Sampil estime que le refus, selon lui, d’autoriser son client à bénéficier de soins spécialisés à l’étranger aurait contribué à l’aggravation de son état.
L’avocat appelle donc les autorités compétentes, notamment judiciaires, à agir rapidement afin de permettre à l’ancien Premier ministre d’accéder à une prise en charge médicale adaptée à la gravité de sa situation.
« Imaginez un mal qui est dans l’organisme et qui n’est pas soigné : il va évoluer. Cela fait combien de temps que cette maladie a été déclarée ? S’il avait été évacué, peut-être qu’aujourd’hui il serait déjà guéri », estime-t-il.
Pour Me Sampil, la question dépasse désormais le simple cadre judiciaire et relève d’une urgence médicale. Il affirme que les conséquences pourraient être dramatiques si une solution n’était pas trouvée dans les meilleurs délais.
« Le droit d’aller se faire soigner lui a été refusé. C’est cela qui explique la progression de la maladie dans son organisme. Tout naturellement, lorsqu’un mal n’est pas traité, il finit par prendre le dessus sur celui qui en souffre », poursuit-il.
Dans un ton particulièrement alarmiste, l’avocat prévient : « Si Kassory n’est pas soigné, attendez-vous à son décès. Moi, je n’y vais pas par quatre chemins. Depuis trois ans, il est malade et il n’est pas soigné. Je dis qu’il va mourir si rien n’est fait. »
Un appel pressant aux autorités
À travers cette nouvelle sortie, la défense de l’ancien Premier ministre entend ainsi mettre une nouvelle fois la pression sur les autorités afin qu’une décision soit prise concernant son transfert vers une structure médicale spécialisée.
Me Dinah Sampil interpelle particulièrement les autorités judiciaires et les invite à autoriser, dans les meilleurs délais, l’évacuation sanitaire de son client, avant que son état ne devienne irréversible.
La défense considère que l’urgence est désormais de permettre à Dr Ibrahima Kassory Fofana de bénéficier d’un diagnostic approfondi et d’un traitement approprié, dans un établissement disposant des moyens techniques et médicaux nécessaires.
Pour rappel, Dr Ibrahima Kassory Fofana, ancien Premier ministre sous le régime d’Alpha Condé, a été condamné en 2025 par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) à cinq ans d’emprisonnement ferme, assortis du paiement d’une amende de deux milliards de francs guinéens.
En appel, sa peine a été ramenée à trois ans et neuf mois d’emprisonnement, tandis que l’amende de deux milliards de francs guinéens a été maintenue.
Alors que l’ancien chef du Gouvernement poursuit sa détention dans un contexte marqué désormais par les inquiétudes de ses avocats sur son état de santé, la question d’une éventuelle évacuation sanitaire demeure au centre des préoccupations de sa défense. Celle-ci appelle les autorités à prendre une décision rapide, estimant que la situation médicale de leur client ne permettrait plus d’attendre.