L’annonce a été faite ce mardi par la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, lors d’une conférence de presse consacrée aux perspectives économiques du pays. Le futur programme, prévu sur 41 mois, devrait être accompagné d’un financement de près de 425 millions de dollars américains.

Pour la ministre, cette étape constitue un tournant important dans la stratégie économique de la Guinée, dans un contexte marqué par le retour à l’ordre constitutionnel et la volonté des autorités de consolider durablement la stabilité institutionnelle, financière et économique du pays.

« Nous sommes réunis aujourd’hui pour annoncer une étape importante de la trajectoire économique de notre nation : la conclusion d’un accord technique entre les autorités guinéennes et les services du Fonds monétaire international », a déclaré Mariama Ciré Sylla.

La ministre a insisté sur un point central : le programme négocié avec le FMI ne constitue pas, selon elle, une stratégie imposée de l’extérieur, mais un instrument destiné à accompagner les réformes et les ambitions définies par la Guinée.

Sous le leadership du président de la République, Mamadi Doumbouya, et sous la conduite du Premier ministre Bah Oury, le gouvernement dit avoir fait le choix d’une transformation structurelle de l’économie nationale, reposant notamment sur une meilleure mobilisation des ressources internes, une discipline budgétaire accrue, la modernisation des finances publiques et la digitalisation de l’administration.

L’objectif affiché est de faire en sorte que les ressources du pays profitent davantage à son développement et que chaque franc mobilisé par l’État produise davantage de résultats au bénéfice des populations.

Pour défendre cette nouvelle étape, la ministre a mis en avant plusieurs indicateurs qu’elle considère comme les résultats des réformes engagées ces dernières années.

Selon les données présentées, la croissance économique guinéenne a atteint 6,9 % en 2025 et devrait s’accélérer pour atteindre 8,6 % en 2026. Dans le même temps, les recettes fiscales seraient passées de 8,6 % du PIB en 2024 à 11,3 % en 2025.

Le gouvernement souligne également le renforcement des réserves de change ainsi que le maintien de la dette publique à un niveau jugé modéré.

Autre élément mis en avant : la Guinée a obtenu sa première notation souveraine internationale B+, avec une perspective stable, avant de voir cette perspective passer de stable à positive en l’espace de six mois.

Pour Mariama Ciré Sylla, ces performances démontrent que la Guinée aborde son nouveau programme avec le FMI non pas dans une situation de crise, mais avec des acquis et une volonté de franchir un nouveau cap.

« La Guinée n’aborde pas ce nouveau programme avec le FMI en situation de crise ou de faiblesse, mais plutôt avec des acquis, avec des ambitions, avec des ressources considérables et avec la volonté de durablement changer d’échelle », a-t-elle souligné.

Au-delà des indicateurs macroéconomiques, l’enjeu majeur reste, selon la ministre, la transformation de la croissance en amélioration concrète des conditions de vie des Guinéens.

La croissance actuelle est notamment portée par l’expansion du secteur minier et les investissements dans les infrastructures. Mais le gouvernement reconnaît que cette dynamique doit être accompagnée d’une gestion rigoureuse afin d’éviter que l’abondance des ressources ne génère de nouveaux déséquilibres.

L’objectif est donc de transformer progressivement les revenus et les investissements en emplois, infrastructures, services publics et opportunités économiques, notamment pour la jeunesse.

Le nouveau programme économique et financier devrait s’articuler autour de plusieurs axes majeurs destinés à consolider les équilibres macroéconomiques tout en favorisant la transformation structurelle de l’économie.

La première priorité concerne la mobilisation durable des recettes publiques. Le gouvernement entend accroître les recettes internes afin de financer son programme de développement, notamment Simandou 2040. L’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre la fraude et la digitalisation des régies financières figurent parmi les principaux leviers.

La deuxième priorité porte sur la gestion rigoureuse des finances publiques. Le programme doit notamment accompagner l’amélioration de la préparation budgétaire, la transition vers le budget-programme, la fiabilité des prévisions économiques et le contrôle des dépenses publiques. Une attention particulière sera accordée à la sélection des investissements présentant les meilleures perspectives de rentabilité économique et financière pour le pays.

La troisième priorité concerne la stabilité macroéconomique et financière. Il s’agira de soutenir la croissance, de maintenir l’inflation sous contrôle, de renforcer les réserves de change et de préserver les grands équilibres économiques et financiers.

La quatrième priorité porte sur la gouvernance, la transparence et la redevabilité. Les autorités prévoient notamment de publier régulièrement les données budgétaires et de renforcer les mécanismes de contrôle internes et externes.

Enfin, la diversification économique et le développement du capital humain constituent un autre axe essentiel. Le gouvernement souhaite créer un environnement plus favorable à l’agriculture, à l’agro-industrie — présentée comme le premier pilier de Simandou 2040 — ainsi qu’aux services et aux petites et moyennes entreprises. Le renforcement du capital humain doit également permettre de créer davantage d’emplois et de favoriser la valorisation locale des ressources.

Simandou 2040 au cœur de la transformation

Dans cette nouvelle stratégie, le projet Simandou occupe une place centrale. La ministre le présente comme un accélérateur potentiel de la transformation économique et sociale du pays, notamment à travers le programme de développement Simandou 2040.

La Guinée dispose, selon elle, d’atouts considérables : d’importantes ressources minières, un potentiel agricole majeur, des capacités hydroélectriques importantes, une population jeune, une position géographique stratégique et surtout un capital humain appelé à jouer un rôle déterminant dans le développement du pays.

Le défi consiste désormais à convertir ces atouts en une prospérité largement partagée.« Derrière tous ces chiffres et ces ratios, il y a une finalité : le Guinéen. Une économie performante n’a de sens que si elle permet à nos populations de mieux vivre », a rappelé la ministre.

La croissance doit ainsi se traduire en emplois, les recettes minières en infrastructures et en services essentiels, tandis que les investissements doivent générer davantage d’opportunités pour la jeunesse.

Pour le gouvernement, l’accord technique conclu avec le FMI ne constitue donc pas une fin en soi. Il doit plutôt servir d’instrument supplémentaire pour accompagner la stratégie économique nationale.

Les autorités guinéennes affirment avoir défendu, au cours des négociations, leurs priorités et les réalités spécifiques de l’économie nationale, avec l’ambition de concilier discipline et investissement, stabilité et transformation économique, crédibilité financière et développement.

La Guinée souhaite ainsi renforcer son attractivité auprès des investisseurs tout en préservant ses intérêts, mobiliser davantage ses partenaires tout en progressant vers une plus grande autonomie financière, mais aussi favoriser l’émergence d’un secteur privé national capable de créer des emplois et de valoriser davantage les ressources du pays sur place.

La ministre a salué le travail accompli par les équipes du FMI ainsi que par les différentes administrations guinéennes impliquées dans les négociations, notamment le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, le ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, la Banque centrale et les autres départements ministériels concernés.

Pour elle, la conclusion de l’accord technique constitue une réussite collective de l’État guinéen, mais elle représente surtout le début d’une nouvelle phase.

La prochaine étape sera l’examen et l’approbation du programme par le Conseil d’administration du FMI, qui permettra de parachever le processus.

La Guinée entend désormais transformer les engagements pris en résultats concrets et convertir les performances macroéconomiques en améliorations tangibles du quotidien des populations.

En conclusion, Mariama Ciré Sylla a appelé à saisir cette nouvelle étape avec ambition, mais également avec discipline et responsabilité.

Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse les seuls chiffres du programme financier. Il s’agit de construire une Guinée « souveraine dans ses choix, forte de ses institutions, responsable dans la gestion de ses ressources, attractive pour les investisseurs, solidaire avec les plus vulnérables et confiante dans son avenir ».

Le nouveau programme avec le FMI, doté d’un financement potentiel de près de 425 millions de dollars sur 41 mois, s’inscrit ainsi dans une ambition plus large : faire des performances économiques, des ressources minières et des investissements engagés les leviers d’un développement durable et inclusif.

La véritable mesure du succès, au-delà des ratios de croissance et des équilibres budgétaires, sera donc la capacité de l’État à faire parvenir les fruits de cette dynamique économique jusqu’aux ménages, aux entreprises, aux jeunes et aux territoires.

Car, comme l’a résumé la ministre, la responsabilité de cette génération est désormais de faire en sorte que les immenses richesses dont dispose la Guinée deviennent enfin « une prospérité visible et partagée par le peuple guinéen ».

Cette version garde le caractère institutionnel de la déclaration, mais lui donne une construction plus journalistique, avec une accroche forte, des intertitres, davantage de transitions et une conclusion qui met en évidence l’enjeu pour les populations.