Le Premier ministre Amadou Oury Bah appelle les acteurs sociaux, les partenaires de l’État et l’ensemble des forces vives de la nation à faire preuve de davantage de résilience, de patience et de responsabilité face aux défis auxquels la Guinée est confrontée. Pour le chef du gouvernement, les menaces, les invectives et les discours va-t-en-guerre ne sont pas de nature à consolider les acquis de la gouvernance ni à favoriser un climat propice à l’emploi, à l’investissement et à la sécurité.
Le chef de la Primature a tenu ces propos ce lundi 10 août 2026, alors qu’il présidait, au ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, la présentation du portefeuille des programmes, projets et réformes inscrits dans le cadre du Programme de développement socio-économique durable et inclusif.
Dans son intervention, Amadou Oury Bah a particulièrement insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue et l’apaisement dans les relations entre les différents acteurs. Il estime que les tensions et les prises de parole agressives risquent davantage de fragiliser le climat social que de contribuer à la résolution des difficultés.
« Le fait de crier, le fait de menacer, le fait de jeter des invectives n’arrange personne. Au contraire, ça crispe et ça crée un climat délétère qui est préjudiciable à l’emploi, qui est préjudiciable à l’investissement, qui est préjudiciable à la sécurité, de manière saine, pour être tout à fait franc », a déclaré le Premier ministre.
Pour Amadou Oury Bah, la Guinée s’apprête à franchir un tournant important au cours des trois prochaines années. Une période qu’il présente comme déterminante pour engager et consolider les transformations nécessaires au développement du pays.
Le chef du gouvernement ne cache toutefois pas les difficultés qui pourraient jalonner cette période. Il appelle, à cet égard, les citoyens et les acteurs sociaux à ne pas céder à la recherche de solutions faciles, mais à accepter les efforts nécessaires pour permettre au pays de sortir progressivement des contraintes qui pèsent sur son développement.
« Nous avons un tournant très important : ce sont ces trois années à venir. Si je dis que ce sera facile, je vous aurais menti. Il faudra beaucoup d’efforts, il faudra de la résilience, il faudra un sentiment de sacrifice pour que nous sortions de ce qui nous plombe. La facilité ne construit absolument rien du tout », a indiqué Amadou Oury Bah.
Le Premier ministre a également inscrit son appel à l’effort dans une perspective intergénérationnelle. Selon lui, l’histoire des nations qui ont réussi à se construire repose largement sur la capacité de leurs populations à consentir, à un moment donné, à des sacrifices dont les générations suivantes peuvent ensuite récolter les fruits.
« Toutes les nations qui se sont construites l’ont été parce que des générations ont consenti à des sacrifices afin que, par la suite, les générations suivantes puissent vivre mieux », a-t-il expliqué.
Dans cette logique, Amadou Oury Bah estime que la génération actuelle a une responsabilité particulière dans la transformation de la Guinée. Il invite ainsi les citoyens à revoir certaines pratiques et habitudes afin de contribuer à la construction d’un environnement plus favorable au développement.
« Vous le savez. Donc, la génération actuelle, actuellement, nous avons des efforts à faire : changer nos habitudes », a-t-il lancé.
À travers cet appel, le chef du gouvernement plaide ainsi pour une mobilisation collective autour des enjeux économiques et sociaux du pays. Pour lui, la résilience, le sens du sacrifice, le patriotisme et le dialogue doivent permettre de préserver les acquis et de créer les conditions nécessaires à la poursuite des réformes et des investissements.
Son message intervient alors que l’exécutif entend accélérer la mise en œuvre des programmes, projets et réformes destinés à soutenir le développement socio-économique de la Guinée. Dans ce contexte, le Premier ministre met en garde contre toute attitude susceptible d’alimenter les tensions et de compromettre les efforts engagés.
Pour Amadou Oury Bah, les défis à venir nécessitent donc moins de confrontation que de responsabilité collective : accepter les efforts, maintenir le dialogue et privilégier la stabilité afin de donner au pays les meilleures chances de réussir son tournant des prochaines années.
La rédaction