Protection sociale en Guinée : Aminata Diallo dévoile les grandes réformes pour élargir la couverture à plus de 8 millions de bénéficiaires Par Directeur de Publication – 11 août 2026 5148 Le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale a officiellement procédé, ce lundi 10 août, à la présentation du portefeuille de programmes et de projets de réformes relevant de son département. Cette rencontre a permis de mettre en lumière plusieurs chantiers majeurs destinés à moderniser le système de protection sociale et à l’adapter aux réalités économiques et sociales de la Guinée. Parmi les interventions les plus remarquées, celle de la Directrice générale de la Caisse de Prévoyance Sociale Générale, Aminata Diallo, qui a largement détaillé les réformes envisagées dans le secteur de la protection sociale, notamment l’extension de la couverture aux travailleurs du secteur informel, la mise en œuvre de la couverture maladie universelle, la construction de centres de diagnostic et de dialyse ainsi que le renforcement des infrastructures de la Caisse. Dans son intervention, Aminata Diallo a d’abord rappelé le rôle fondamental de la protection sociale dans la prise en charge des personnes vulnérables, des fonctionnaires, des travailleurs et des retraités face aux différents risques de la vie.
Parmi les interventions les plus remarquées, celle de la Directrice générale de la Caisse de Prévoyance Sociale Générale, Aminata Diallo, qui a largement détaillé les réformes envisagées dans le secteur de la protection sociale, notamment l’extension de la couverture aux travailleurs du secteur informel, la mise en œuvre de la couverture maladie universelle, la construction de centres de diagnostic et de dialyse ainsi que le renforcement des infrastructures de la Caisse.
Dans son intervention, Aminata Diallo a d’abord rappelé le rôle fondamental de la protection sociale dans la prise en charge des personnes vulnérables, des fonctionnaires, des travailleurs et des retraités face aux différents risques de la vie.
« Je voudrais tout d’abord vous dire que la protection sociale est l’ensemble des mécanismes qui ont été mis en place pour venir en aide aux personnes vulnérables, aux fonctionnaires ou aux retraités, dans le cadre de leur vie, tel que le chômage, les risques professionnels ou la maladie », a-t-elle expliqué.
Selon elle, le principal défi auquel la Guinée est confrontée réside dans la faiblesse de la couverture du secteur informel. Le système actuel demeure essentiellement concentré sur les travailleurs du secteur formel, à travers les organismes de sécurité et de prévoyance sociale.
Or, plus de 80 % des travailleurs guinéens évoluent aujourd’hui dans le secteur informel. Une situation qui, selon la Directrice générale, impose une profonde transformation du modèle de protection sociale.

« Nous devons passer d’une protection sociale principalement centrée sur les travailleurs du secteur formel à un système capable de couvrir progressivement les travailleurs informels et les personnes vulnérables », a-t-elle déclaré.
L’ambition affichée est ainsi de construire progressivement une protection sociale plus inclusive, capable d’accompagner les mutations économiques attendues, notamment dans le contexte du développement du projet Simandou.
La responsable de la Caisse a également souligné les efforts déjà consentis en faveur des personnes vulnérables, notamment à travers les structures relevant du ministère en charge de la Femme et de l’Enfance. Toutefois, elle estime que les mécanismes existants restent encore insuffisants au regard des besoins de la population.
Le projet présenté prévoit donc plusieurs axes de réforme : la modernisation du cadre juridique, l’élargissement de la couverture sociale, la digitalisation des organismes de protection sociale et la recherche de mécanismes de financement innovants.
Sur ce dernier point, Aminata Diallo estime que l’État pourrait notamment explorer de nouvelles sources de financement, à travers des taxes spécifiques sur certains produits, comme le tabac ou l’alcool, afin de soutenir durablement les mécanismes de protection sociale.
Pour elle, la protection sociale ne doit d’ailleurs pas être considérée uniquement comme une charge pour l’État.
« La protection sociale n’est pas seulement une dépense sociale. Elle constitue un instrument de résilience économique et de cohésion sociale », a-t-elle insisté.
Couverture maladie universelle : plus de 8 millions de bénéficiaires visés
Autre réforme majeure présentée au cours de la rencontre : la mise en œuvre de la Couverture maladie universelle (CMU).
Aminata Diallo a rappelé que la Guinée a fait le choix d’inscrire le principe de la couverture maladie universelle dans sa Constitution, ce qu’elle considère comme une avancée majeure pour le pays.
La CMU figure ainsi parmi les projets structurants du portefeuille présenté par le ministère. Son objectif est de permettre à la population d’accéder aux soins de santé sans que les dépenses médicales ne constituent une source d’appauvrissement pour les ménages.
Le projet ambitionne notamment de couvrir au moins 50 % de la population, soit plus de 8 millions de bénéficiaires directs, selon les estimations présentées.
« La majorité des Guinéens payent aujourd’hui directement les dépenses de santé, et ça coûte extrêmement cher aux différents ménages », a fait remarquer la Directrice générale.
L’enjeu est particulièrement important pour les travailleurs du secteur informel et les personnes vulnérables, qui restent largement en dehors des mécanismes classiques d’assurance maladie.
À terme, le projet prévoit également le conventionnement de plus de 500 établissements de santé, aussi bien dans le secteur public que privé. L’objectif est de réduire de manière significative la part des dépenses de santé supportées directement par les ménages, avec une cible annoncée de moins de 30 %.
Le coût estimatif de ce vaste chantier est évalué à environ 80 millions de dollars.
Huit centres de diagnostic et de dialyse envisagés à l’intérieur du pays
La construction de centres de diagnostic, d’imagerie et de dialyse constitue un autre volet important du programme présenté.
L’objectif est de rapprocher les services de santé des assurés et de contribuer au renforcement des capacités sanitaires à l’intérieur du pays.
Aminata Diallo a particulièrement insisté sur la situation des patients nécessitant des séances régulières de dialyse. Aujourd’hui, une grande partie des infrastructures spécialisées reste concentrée à Conakry, obligeant les patients vivant à l’intérieur du pays à effectuer de longs déplacements vers la capitale.
« À l’intérieur du pays, il n’y a pas de centre de dialyse. Tout est concentré au niveau de la capitale. Ils sont obligés de quitter l’intérieur du pays et venir à Conakry », a-t-elle déploré.
Elle rappelle que les patients dialysés doivent généralement effectuer plusieurs séances chaque semaine, ce qui rend la proximité des centres de soins particulièrement déterminante.
Le projet prévoit ainsi la construction de huit centres de diagnostic, répartis dans les différentes régions du pays. Cette initiative devrait permettre de renforcer le plateau technique régional et de réduire les difficultés liées à l’insuffisance des équipements d’imagerie et de diagnostic dans les préfectures.
La responsable de la Caisse a également précisé que la construction des infrastructures ne signifie pas que la Caisse aura la charge de recruter le personnel médical. La logique retenue repose plutôt sur une complémentarité entre les institutions : la Caisse finance ou participe à la mise en place des infrastructures et achète les soins, tandis que le ministère de la Santé assure leur délivrance et le déploiement du personnel.
« Nous, nous sommes des acheteurs de soins. On achète les soins avec le ministère de la Santé. Le ministère de la Santé nous délivre les soins », a-t-elle expliqué.
Au-delà des infrastructures sanitaires, Aminata Diallo a également plaidé pour la construction de bureaux dédiés aux structures de prévoyance sociale dans les différentes régions et préfectures.
Elle a relevé que, dans plusieurs localités, les représentations de la Caisse sont installées dans des bâtiments administratifs tels que les mairies ou les préfectures, ce qui ne permet pas toujours de disposer de conditions de travail et d’accueil adaptées.
La construction de bâtiments propres doit donc permettre à la Caisse nationale de prévoyance sociale de renforcer sa présence sur l’ensemble du territoire et de se rapprocher davantage des assurés.
La Directrice générale ambitionne également de faire de l’institution guinéenne une référence dans la sous-région, en s’inspirant notamment de certaines caisses considérées comme des modèles, dont celles de la Côte d’Ivoire.
« Même si nous sommes une nouvelle institution, je pense qu’on veut aller plus loin, on veut aller plus que la Côte d’Ivoire, qui est vraiment une de nos caisses phares », a-t-elle affirmé.
Selon elle, la volonté politique actuelle offre une opportunité pour permettre aux institutions guinéennes de prévoyance sociale de renforcer leur crédibilité et de mieux représenter la Guinée sur la scène internationale.
Enfin, la Directrice générale a évoqué la question du financement des engagements antérieurs de l’État envers les pensionnés relevant des dispositifs de prévoyance sociale.
Ce volet constitue également un enjeu important dans la consolidation et la crédibilisation du système de protection sociale guinéen.
À travers l’ensemble de ces réformes, le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale entend donc engager une transformation profonde du système, avec une priorité accordée à l’inclusion du secteur informel, à l’accès aux soins, à la modernisation des structures et à la consolidation des mécanismes de financement.
L’ambition affichée est de faire évoluer progressivement la protection sociale guinéenne vers un modèle plus universel, plus accessible et mieux adapté aux réalités du pays, tout en accompagnant les transformations économiques annoncées dans le cadre du développement de Simandou.