L’opération a été conduite par le Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention (Garsi 2) dans ce village relevant de la commune de Madina Baffé, dans une zone aurifère particulièrement sensible, située aux confins du Sénégal, du Mali et de la Guinée. L’intervention s’inscrit dans le cadre des opérations de contrôle visant à faire respecter les mesures prises par les autorités sénégalaises pour lutter contre les activités minières clandestines le long de la Falémé, rapporte l’Agence de presse sénégalaise (APS).

97 personnes interpellées, dont 25 femmes

Au terme de l’opération, 97 personnes ont été interpellées. Parmi elles figurent 25 femmes. Les personnes arrêtées sont de plusieurs nationalités de la sous-région, notamment malienne, guinéenne et burkinabè.

L’APS ne précise toutefois pas le nombre exact de ressortissants guinéens parmi les personnes interpellées. « Au cours de cette opération, 97 personnes ont été interpellées, dont 25 femmes. Les personnes interpellées sont de différentes nationalités, principalement malienne, guinéenne, burkinabè… », rapporte l’agence.

Ces interpellations témoignent de la dimension transfrontalière de l’orpaillage clandestin dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest. La Falémé, qui constitue notamment une partie de la frontière entre le Sénégal et le Mali, traverse une région où les activités aurifères artisanales attirent depuis plusieurs années des populations venues de différents pays de la sous-région.

Plus de 100 équipements saisis

Au-delà des interpellations, les forces de défense et de sécurité sénégalaises ont procédé à une importante saisie de matériels destinés à l’exploitation clandestine de l’or.

Selon les autorités, le Garsi 2 a récupéré 15 motos, 34 groupes électrogènes, 11 motopompes, 28 marteaux-piqueurs et 15 panneaux solaires, soit un total de 103 équipements.

La nature et la quantité du matériel saisi donnent une idée des moyens déployés sur ces sites d’exploitation. Groupes électrogènes, motopompes et marteaux-piqueurs sont notamment utilisés pour faciliter l’extraction et le traitement du minerai, tandis que les motos et les panneaux solaires répondent aux besoins de déplacement et d’approvisionnement en énergie dans des zones souvent difficiles d’accès.

Une mesure de suspension jusqu’en 2027

Cette opération intervient dans le cadre de l’application de la mesure de suspension des activités minières sur une bande de 500 mètres le long de la rive gauche de la Falémé.

Entrée en vigueur le 31 juillet 2024, cette mesure doit rester applicable jusqu’au 30 juin 2027. Elle vise notamment à préserver cette zone et à renforcer le contrôle des activités minières qui y sont pratiquées, dans un contexte marqué par les préoccupations liées aux conséquences de l’exploitation aurifère clandestine sur l’environnement et les ressources naturelles.

La lutte contre l’orpaillage clandestin constitue un enjeu important dans cette région où l’exploitation artisanale de l’or s’est développée au fil des années. L’activité, lorsqu’elle échappe au contrôle des autorités, peut entraîner une dégradation des terres, une pression accrue sur les ressources en eau et une multiplication des installations informelles.

La présence de ressortissants guinéens relance la question transfrontalière

La présence de ressortissants guinéens parmi les personnes interpellées vient également rappeler le caractère transfrontalier de l’orpaillage clandestin dans cette zone aurifère.

Située dans un espace géographique où les frontières entre le Sénégal, la Guinée et le Mali sont proches, la région connaît des mouvements de populations liés notamment aux activités minières artisanales. Les opérations menées par les autorités sénégalaises concernent ainsi des personnes issues de plusieurs pays de la sous-région.

Cette dimension transfrontalière pose également la question de la coopération entre les États concernés dans la lutte contre l’exploitation clandestine des ressources minières, mais aussi dans la surveillance des zones frontalières et la protection des écosystèmes partagés.

Les autorités guinéennes sollicitées

Contacté par Guineenews afin de recueillir la réaction des autorités guinéennes à la suite de ces interpellations, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger n’a pas donné suite aux multiples sollicitations de notre rédaction.

À ce stade, aucune réaction officielle des autorités guinéennes n’a donc été communiquée concernant la présence de ressortissants guinéens parmi les personnes interpellées au cours de cette opération menée à Fadougou.

L’opération du Garsi 2 illustre, en tout cas, la volonté des autorités sénégalaises de faire respecter la suspension des activités minières dans cette zone stratégique de la Falémé. Elle remet également au premier plan les défis liés à l’orpaillage clandestin et à ses ramifications au-delà des frontières nationales.