À la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le président guinéen Mamadi Doumbouya a présenté les orientations de la Guinée en matière de gouvernance, de développement économique et de coopération internationale. Dans un discours placé sous le signe de la souveraineté, il a notamment mis en avant la nouvelle Constitution, le processus électoral, les infrastructures et le programme Simandou 2040.
Prenant la parole devant les dirigeants et délégations réunis à New York, le président de la République de Guinée a d’abord adressé ses félicitations au président de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale et salué l’action du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
Mamadi Doumbouya a ensuite inscrit son intervention dans la continuité de son précédent passage à la tribune des Nations unies. Il a rappelé avoir, trois ans plus tôt, défendu l’idée que certains modèles de gouvernance appliqués en Afrique sans adaptation aux réalités locales ne produisaient pas nécessairement les résultats attendus.
Cette fois, le chef de l’État dit avoir choisi de présenter « quelques éléments factuels » sur le chemin emprunté par la Guinée et les résultats qu’il attribue à cette orientation.
Au cœur de son intervention, Mamadi Doumbouya a évoqué la nouvelle Constitution guinéenne. Selon lui, celle-ci a été conçue pour tenir compte de l’histoire, de la diversité et des réalités propres au pays.
Le président a notamment cité le renforcement de la représentation des territoires et des communautés, ainsi que la reconnaissance de la diversité linguistique, religieuse et culturelle comme des composantes de l’unité nationale.
Il a également affirmé que cette nouvelle Loi fondamentale avait servi de cadre à l’organisation du cycle électoral direct et à la mise en place des institutions qui en découlent.
Sur ce point, le président guinéen a soutenu que l’ensemble du processus aurait été financé à 100 % par le Trésor public et qu’aucun incident significatif n’aurait été enregistré durant les scrutins sur l’ensemble du territoire national.
Dans son bilan, le chef de l’État a particulièrement insisté sur les investissements réalisés dans les infrastructures et les secteurs minier et industriel.
Il a notamment évoqué plus de 1 000 kilomètres de routes bitumées, la réalisation du mégaprojet Simandou, ainsi que la construction d’écoles et d’hôpitaux à travers le pays.
Le président a également annoncé la construction de trois raffineries d’alumine et présenté la raffinerie d’or achevée comme la plus importante d’Afrique en capacité de production.
Ces annonces s’inscrivent dans la volonté affichée par les autorités guinéennes de favoriser davantage la transformation locale des ressources minières.
Une large place a été accordée au programme Simandou 2040, présenté par Mamadi Doumbouya comme un programme de développement socio-économique durable couvrant les quinze prochaines années.
Selon le président, ce programme ne se limite pas à l’exploitation minière. Il doit également servir de levier au développement des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, de l’éducation, de la santé et de l’industrie.
La jeunesse guinéenne constitue, selon lui, un autre enjeu majeur. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de renforcer la qualité de l’éducation, les formations professionnelles et les possibilités d’emploi et d’entrepreneuriat, notamment à travers l’initiative Simandou Academy.
Dans la seconde partie de son discours, Mamadi Doumbouya a élargi son propos à la question des modèles de développement en Afrique.
Le président guinéen a défendu l’idée que les États africains devraient pouvoir adapter leurs modèles de gouvernance à leurs réalités historiques, sociales et culturelles, plutôt que de reproduire des modèles extérieurs sans adaptation.
Il a cité l’exemple de plusieurs pays asiatiques et du Proche-Orient, estimant qu’ils avaient construit leur développement en s’inspirant des expériences internationales tout en les adaptant à leurs propres réalités.
Pour la Guinée, cette approche ne constitue pas un rejet de la coopération internationale. Le chef de l’État a plutôt appelé à un partenariat renouvelé, fondé sur le respect de la souveraineté des États et sur une logique de « co-construction gagnant-gagnant ».
Malgré son insistance sur la souveraineté nationale, Mamadi Doumbouya a assuré que la Guinée entendait demeurer un partenaire « fiable, ouvert et engagé » auprès de la communauté internationale.
En conclusion, il a affirmé que la Guinée avançait « avec ses propres moyens » et sur la base de ses propres choix, tout en se disant attachée au droit international, à la Charte des Nations unies et à la coopération avec ses partenaires.
Cette intervention constitue ainsi une nouvelle présentation, sur la scène internationale, de la vision portée par le chef de l’État autour de la souveraineté, de la transformation économique et de l’adaptation des modèles de gouvernance aux réalités nationales.
La rédaction