Négociations gouvernement–intersyndicale de l’éducation : les sous-commissions techniques à pied d’œuvre
Conformément aux engagements pris, l’intersyndicale de l’éducation (FSPE–SLECG–SNE), élargie au syndicat de l’enseignement technique et à la coordination nationale des enseignants contractuels communaux, a répondu, ce vendredi 17 avril 2026, à l’invitation du ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale.
Cette rencontre marque le démarrage effectif des activités des trois sous-commissions techniques issues du protocole d’accord signé le 3 janvier dernier.
Placée sous la présidence du Secrétaire général du ministère de l’Emploi, cette réunion de prise de contact a permis de définir les rôles des différentes instances et de désigner leurs présidents respectifs.
Un point de clarification important a été apporté : les arrêtés instituant ces commissions avaient été signés avant le samedi 11 avril, date de l’assemblée générale des enseignants tenue à la Bourse du Travail. Selon une source syndicale, le retard observé dans le lancement des travaux ne serait pas lié à un blocage gouvernemental, mais plutôt à une rétention d’informations au sein de certains responsables syndicaux.
Trois chantiers prioritaires
Les sous-commissions se pencheront sur trois dossiers majeurs :
Le recrutement des enseignants contractuels : la première sous-commission procédera au recensement et à la vérification des listes des contractuels communaux non retenus, ayant pourtant effectué la biométrie et l’évaluation pratique en classe. Les travaux sont prévus pour une durée de deux mois, renouvelable une fois.
Les primes de fonction : la deuxième sous-commission examinera les actes de nomination des cadres de l’éducation en vue de l’attribution des primes liées aux postes de responsabilité. La durée est également fixée à deux mois, renouvelable.
Le statut particulier de l’éducation : la troisième sous-commission aura pour mission de finaliser la révision de ce statut, afin d’offrir aux enseignants un cadre plus protecteur et moderne. Les travaux sont prévus pour six mois, avec une possibilité de réduction à quatre mois.
Appel à l’apaisement et à la responsabilité
Au terme de la rencontre, le Secrétaire général du ministère de l’Emploi, Aboubacar Kourouma, a réaffirmé la volonté de l’État de respecter ses engagements.
« Aujourd’hui marque le couronnement de nos efforts avec le démarrage effectif de ces commissions. Le gouvernement a veillé à honorer ses engagements, notamment le paiement des primes dans les délais convenus », a-t-il déclaré.
Concernant la révision du statut particulier, il a indiqué que des missions d’études à l’étranger seront financées afin de s’inspirer des meilleures pratiques.
« Il n’y a pas lieu de brandir la menace de grève. Nous invitons tous les acteurs à travailler dans la sérénité pour produire des documents de qualité », a-t-il insisté.
De son côté, Aboubacar Soumah, président du SLECG et de la commission de négociation de l’intersyndicale, a salué une étape décisive.
« Ces travaux permettront la mise en œuvre concrète du protocole d’accord. Tous les dossiers seront examinés avec rigueur afin de garantir un recrutement basé sur des critères objectifs », a-t-il indiqué.
Même son de cloche chez Kadiatou Bah, secrétaire générale du SLECG, qui met en avant la dimension technique du processus.
« Des experts ont été mobilisés pour combler les insuffisances et aboutir à un statut particulier à la hauteur des attentes du corps enseignant. Les arrêtés étant prêts, les travaux peuvent avancer sans entrave », a-t-elle souligné.
Désormais opérationnelles, les différentes sous-commissions disposent d’une autonomie dans l’organisation de leurs travaux, avec pour objectif de boucler ces dossiers cruciaux pour le système éducatif guinéen.
Ousmane Yattara