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Ratoma: Les jeunes accusent le PDS Ahmed Sékou Traoré de « corruption » après une tentative d’expulsion

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Des responsables et habitants du quartier Ratoma dénoncent une tentative d’expulsion visant un local récemment aménagé pour la jeunesse, qu’ils attribuent à des « pressions » et des « paiements suspects » impliquant des propriétaires locaux — et, selon eux, le président de la délégation spéciale, Ahmed Sékou Traoré.

Selon le directeur du comité de la Maison des jeunes de Ratoma, Morciré Fofana, les travaux avaient été engagés après des accords verbaux avec le chef de quartier et des riverains. Mais, d’après lui, des opposants locaux se seraient ensuite mobilisés pour faire stopper le chantier, avant d’« aller corrompre le maire » afin d’obtenir l’expulsion.

« Avant d’être là, nous sommes allés voir le chef de quartier… On nous a dit que cette partie est au compte du gouvernement, que nous pouvons travailler, mais si le gouvernement demandait que l’on quitte, ils ne pourront rien faire. Nous avons accepté et commencé les travaux. Ensuite, les propriétaires d’ici sont venus arrêter tous les travaux… Ils sont partis corrompre le maire avec de l’argent. Si c’était un déguerpissement général, on l’aurait accepté. Mais juste notre lieu de récréation, nous n’irons nulle part », a martelé M. Fofana, exprimant la détermination des jeunes à ne pas quitter l’espace.

Plusieurs habitants ont exprimé la même indignation. Salematou Bangoura, par exemple, décrit le local comme « une initiative bienveillante » destinée aux enfants et adolescents, aujourd’hui menacée selon elle par des pratiques de corruption au sein de la commune : « Après la construction, le maire… ils lui ont remis l’argent, les militaires sont venus mettre 72 heures sur le bâtiment. Mais après 72 heures, tout agent qui viendra ici pour toucher à ce local, ça va mal se passer. »

De son côté, Mamoudou Condé, jeune habitant, a dénoncé la mainmise d’« une famille » qui, selon lui, graisserait la main du maire pour obtenir le déguerpissement : « Nous venons en paix… Mais si le maire s’amuse à nous déguerpir ici, il n’a qu’à savoir qu’il ne sera pas tranquille », a-t-il averti.

Contacté par nos confreres du site www.guineematin.com  dans la matinée du 24 octobre, Ahmed Sékou Traoré, président de la délégation spéciale de Ratoma, a rejeté les accusations et mis ses détracteurs au défi de produire des preuves : « Demandez aux gens (les protestations) de montrer un document qui autorise… Vous, faites proprement votre enquête », a-t-il déclaré, appelant à présenter des éléments concrets.

Moussa Soumah

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