Mme Sano Mariama, présidente du mouvement « Mamadi Doumbouya, notre solution » et directrice adjointe des campagnes dans la commune de Matam, affirme avoir été victime d’une agression dans l’enceinte de la mairie de la commune. Elle accuse certains membres du mouvement liés à un responsable local et annonce avoir saisi la justice.
Selon les explications de Mme Sano Mariama, tout serait parti d’une démarche administrative liée au dépôt de son dossier de candidature ou de participation aux activités du mouvement. Elle explique que son dossier initial n’était pas complet.
« J’avais déposé mes dossiers auprès du directeur de campagne, dont je suis l’adjointe. Mais il manquait certains documents, notamment un certificat médical et la copie de ma carte d’électeur », a-t-elle expliqué.
Après avoir complété les pièces demandées, elle affirme s’être rendue chez le directeur de campagne, Lansana Touré, pour lui remettre les documents. Ne l’ayant pas trouvé à son domicile, elle dit avoir été invitée à le rejoindre à la mairie de Matam.
Une rencontre qui dégénère
Une fois sur place, Mme Sano Mariama affirme avoir été surprise par la présence d’un groupe de personnes.
« Quand je suis arrivée dans la cour et que je suis montée au premier étage, j’ai trouvé plusieurs personnes qui semblaient m’attendre. Je ne comprenais pas ce qui se passait », raconte-t-elle.
Elle explique qu’une femme du nom de Aïcha Conté, qu’elle dit connaître pour avoir travaillé avec elle auparavant, l’aurait interpellée au sujet d’un commentaire publié sur les réseaux sociaux.
Selon Mme Sano Mariama, le commentaire portait sur une vidéo concernant la validation d’une liste de membres fondateurs du mouvement. Elle affirme avoir soutenu que la liste présentée ne provenait pas du directoire, mais plutôt de responsables locaux.
Accusations d’agression
Toujours selon son témoignage, la situation aurait rapidement dégénéré après cet échange verbal.
Mme Sano Mariama affirme avoir été agressée physiquement par plusieurs personnes présentes sur les lieux. Elle dit avoir tenté de filmer la scène avec son téléphone, mais que celui-ci lui aurait été confisqué et certaines vidéos supprimées.
« Heureusement, une partie de la vidéo est restée dans la corbeille de mon téléphone. C’est ce que je garde comme preuve », a-t-elle indiqué.
Elle affirme également avoir été insultée et attaquée à nouveau dans la cour de la mairie, notamment avec des câbles électriques.
La responsable politique raconte que la situation s’est calmée après l’intervention du chef de cabinet de la commune.
« Quand il a vu que la situation devenait grave, il a demandé qu’on me laisse partir », explique-t-elle.
Elle ajoute qu’elle se trouvait sur place avec sa fille, qui aurait été très choquée par les événements.
« Ma fille était paniquée et pleurait. J’étais surtout inquiète pour elle », a-t-elle confié.
Mme Sano Mariama affirme avoir porté plainte auprès de la gendarmerie nationale contre les personnes qu’elle accuse d’être impliquées dans cette agression.
Elle cite notamment plusieurs noms, dont Aïcha Conté et d’autres personnes qu’elle présente comme des collaboratrices ou assistantes d’un responsable local appelé Badra.
« J’ai été blessée, notamment à l’œil droit, et jusqu’à présent j’ai mal », déclare-t-elle.
Elle estime que cette agression serait liée à son opinion exprimée sur les réseaux sociaux.
L’affaire serait désormais entre les mains des autorités judiciaires. Mme Sano Mariama dit attendre que justice soit faite.
« Je fais confiance à la justice pour faire la lumière sur cette affaire », conclut-elle.
Une décryptage de
Ousmane Yattara