Au cœur de la sous-préfecture de Maréla, longtemps réputée pour son opposition politique et son manque d’infrastructures, un mouvement inédit s’impose désormais comme un acteur majeur de la mobilisation citoyenne :
Maréla en Marche. Porté par son coordinateur, Abbas Keita, ce mouvement veut rompre avec des années d’isolement politique et de retard socio-économique. Entre actions de terrain, engagement communautaire, ambitions politiques assumées et soutien affiché au candidat Mamadi Doumbouya, Maréla en Marche se positionne comme une force structurée, déterminée à transformer durablement la vie des habitants. Dans cet entretien, Abbas Keita revient sur la genèse du mouvement, ses objectifs, ses réalisations et ses stratégies pour les élections présidentielles imminentes.
Pour Abbas Keita, l’origine du mouvement tient d’abord à un constat : Maréla, zone cosmopolite et dynamique, n’a jamais véritablement bénéficié d’un développement à la hauteur de son potentiel. « Maréla, c’est comme la Guinée, tout le monde s’y retrouve et s’y sent chez lui », souligne-t-il.
Malgré cette richesse culturelle unique, la sous-préfecture a longtemps souffert de son ancrage dans l’opposition, entraînant selon lui une absence d’attention et d’investissements publics pendant plus d’une décennie.
Face à ce manque, Maréla en Marche a été créé pour structurer la mobilisation, défendre les intérêts du territoire et porter la voix de ses 20 000 électeurs, dont la participation au dernier référendum a atteint plus de 96 % de « oui ».
Bien avant sa formalisation, le groupe de ressortissants aujourd’hui rassemblés au sein du mouvement était déjà actif. Ils avaient notamment mené :
La vulgarisation de la nouvelle constitution, avec une présence remarquée sur le terrain, du porte-à-porte aux équipes de rabatteurs ;
Une campagne de reboisement urbain, marquée par la distribution de plants fruitiers dans les familles ;
Un élan de solidarité après un grave accident, qui a causé 17 morts : grâce à une coordination avec l’ONG française AFSA, 16 lits médicaux ont été acheminés et remis au centre de santé local.
Ces actions, saluées par la population, témoignent d’une ambition qui dépasse largement le cadre électoral.
Abbas Keita insiste d’ailleurs : « Le mouvement n’a pas été créé uniquement pour soutenir un candidat. Quand on marche, on ne se retourne pas : notre mission est d’accompagner Maréla vers un développement réel et durable. »
Avec plus de 20 000 électeurs, Maréla est l’une des plus importantes agglomérations de la zone. Pourtant, plusieurs chantiers restent en souffrance :
Un centre de santé amélioré de 13 bâtiments, toujours inachevé depuis plusieurs années ;
Un collège saturé, obligeant les élèves à poursuivre leurs études ailleurs, faute de lycée ;
Des infrastructures essentielles absentes ou incomplètes, freinant le développement local.
Le mouvement ambitionne d’attirer l’attention des autorités afin d’accélérer la finalisation de ces projets prioritaires. « Nous ne comptons pas nous arrêter là », assure le coordinateur.
À quelques jours du lancement officiel de la campagne, Abbas Keita a été désigné coordinateur du directoire de campagne pour toute la sous-préfecture. Un choix de la base qui, selon lui, témoigne d’une grande confiance et d’une responsabilité qu’il entend assumer pleinement.
La stratégie annoncée repose sur deux piliers majeurs :
1. Déployer des rabatteurs pour le porte-à-porte, afin de présenter et expliquer le projet de société du candidat Mamadi Doumbouya, articulé selon lui autour de trois points :
Les réalisations déjà accomplies ;
La vision pour l’émergence de la Guinée ;
L’avenir de la jeunesse.
2. Préparer à l’avance des délégués compétents pour les bureaux de vote, pour éviter les improvisations et garantir la sécurisation du vote.
« Nous avons appris des insuffisances du référendum, et nous allons les corriger. Dépasser les 96 % obtenus, c’est possible », affirme Abbas Keita.
En conclusion, le coordinateur délivre un message fort : « Maréla a longtemps été un bastion de l’opposition, mais aujourd’hui elle a compris. Les faits sont concrets, visibles.
Nous voyons les bases des entreprises venues pour les routes Dabola, Mamou et Faranah. C’est pourquoi la victoire du candidat Mamadi Doumbouya doit être une préoccupation nationale. »
Pour lui, le changement engagé et les perspectives annoncées suffisent à justifier l’adhésion massive de la population.
Avec Maréla en Marche, la sous-préfecture veut écrire une nouvelle page de son histoire : celle de la cohésion, de l’organisation et du développement.
Alseny Maciré Fofana