Les responsables de l’Union Générale des Travailleurs (UGT) ont animé, ce mardi, une conférence de presse au cours de laquelle ils ont dévoilé leur feuille de route en faveur de l’amélioration des conditions de vie et de travail de la classe ouvrière guinéenne. Au centre des échanges : la situation jugée « alarmante » des enseignants des écoles privées.
Prenant la parole, la secrétaire générale de l’UGT, Makoura Onivogui, a vigoureusement dénoncé la précarité qui frappe des milliers d’enseignants évoluant dans le privé. Elle a notamment pointé l’absence quasi généralisée de contrats de travail, l’anarchie salariale et le non-respect de la législation du travail par certains fondateurs d’établissements.
Selon elle, les enseignants du privé sont régulièrement exploités, leurs rémunérations étant fixées de manière arbitraire, sans référence à une grille salariale officielle.
« On dénombre 3 527 écoles privées contre 1 080 écoles publiques. Cela signifie que nos frères et sœurs sont beaucoup plus nombreux dans le privé. Pourtant, personne ne s’occupe d’eux. Rares sont ceux qui disposent d’un contrat de travail. Le fondateur peut vous licencier selon son humeur », a-t-elle déploré.
La secrétaire générale a également dénoncé les disparités salariales flagrantes observées dans le secteur.
« Pour un même niveau d’enseignement, un professeur peut percevoir un million de francs guinéens dans une école, et seulement 500 000 francs dans une autre », a-t-elle illustré.
Autre point noir soulevé par l’UGT : la suspension des salaires durant la période des grandes vacances, plongeant de nombreuses familles dans une insécurité financière préoccupante.
« Dans le privé, les paiements s’arrêtent souvent au mois de juin. Comment ces enseignants vivent-ils en juillet, août et septembre ? Certaines écoles versent une demi-paie, d’autres rien du tout », a-t-elle regretté, dénonçant au passage l’existence d’établissements informels installés dans des concessions familiales sans aucune norme réglementaire.
Par ailleurs, Makoura Onivogui a fustigé les pressions et licenciements abusifs visant les travailleurs qui tentent de se structurer syndicalement.
« Dès qu’un fondateur soupçonne une volonté de créer un syndicat, le meneur est licencié dès le lendemain, alors que la loi est claire : à partir de 20 travailleurs, une représentation syndicale est obligatoire », a-t-elle rappelé.
Face à cette situation, l’Union Générale des Travailleurs annonce l’ouverture d’un bras de fer diplomatique avec les autorités compétentes et le patronat. L’objectif : imposer un cadre réglementaire strict, harmoniser les conditions de travail et mettre fin aux abus dans le secteur de l’enseignement privé en Guinée.
Chérif Djiba Sano