Guinée : Le président du parti République Émergente et Moderne (REM) appelle à un report du processus électoral
Le président du parti République Émergente et Moderne (REM), Moussa Baldé, membre de l’Alliance des Forces pour le Développement et la Démocratie (AFDD) et de l’Union Sacrée des Forces Vives de Guinée, s’est exprimé sur le processus électoral pour attirer l’attention des autorités de la transition sur les irrégularités et les risques entourant le processus électoral en cours. Cette sortie est faite au cours d’une conférence de presse ce lundi 28 Octobre 2025 à la Maison de la Presse de Conakry.
Selon Moussa Baldé, le déroulement actuel du processus ne garantit ni l’inclusivité ni la transparence des élections à venir. Il estime qu’il est « urgent de suspendre le calendrier actuel afin de favoriser un dialogue national regroupant tous les acteurs concernés ».
« Nous voulons des élections apaisées, inclusives et réussies. Malheureusement, la manière dont les choses se déroulent aujourd’hui ne rassure pas », a-t-il déclaré.
Le leader du REM a pointé du doigt plusieurs contradictions juridiques, notamment entre la nouvelle Constitution et le Code électoral.
« La Constitution prévoit que les candidatures indépendantes soient parrainées par les maires élus. Or, aujourd’hui, il n’y a plus d’élus locaux. Ce sont les présidents de délégations spéciales, nommés par l’État, qui sont sollicités pour accorder les parrainages. Ces derniers n’ont aucune légitimité vis-à-vis des citoyens », a-t-il expliqué.
Pour Moussa Baldé, cette situation remet en cause la crédibilité même du scrutin :
« Si ces présidents, désignés par décret, valident les candidatures, le processus devient biaisé dès le départ. »
Par ailleurs il évoque l’absence d’un organe électoral véritablement indépendant.
« La Constitution parle d’un organe technique et autonome chargé d’organiser les élections. À la place, nous avons une Direction générale des élections, entièrement contrôlée par l’État. Si celui-ci présente un candidat, il sera à la fois joueur et arbitre », a dénoncé M. Baldé, redoutant ainsi « une élection contestée dès son annonce ».
Le président du REM a plaidé pour un retour au calendrier initial annoncé par les autorités de la transition :
« Le président de la transition avait promis de commencer par les élections locales, avant les législatives, les sénatoriales et enfin la présidentielle. Cette approche graduelle permettrait d’établir une base légitime et représentative », a-t-il rappelé.
Selon lui, imposer un seuil de 30 % de parrainages pour les candidats indépendants est également problématique :
« Avec seulement les présidents de délégations spéciales, il sera presque impossible d’obtenir le nombre requis. Cela limiterait artificiellement la compétition à deux ou trois candidats indépendants. »
Pour Moussa Baldé et ses alliés, le report des élections n’est pas une manœuvre politique, mais une nécessité démocratique :
« Nous ne demandons pas ce report pour des intérêts partisans. Nous voulons simplement éviter une élection précipitée, source de contestation. La Guinée a besoin d’une transition qui finit bien, pas d’une transition qui finit vite », a-t-il insisté.
Il a enfin exprimé sa confiance dans la volonté du président de la transition d’écouter les préoccupations de l’opposition et de la société civile :
« Nous croyons que la raison finira par prévaloir. Car avant tout, c’est la paix, la stabilité et l’avenir de la Guinée qui sont en jeu. »
Bolokada Sano
626641733