Claude Pivi, ancien chef militaire guinéen et acteur central de plusieurs épisodes majeurs de l’histoire politique récente du pays, est décédé en détention, a annoncé ce mardi le ministère de la Justice.
Militaire de carrière issu du Bataillon des troupes aéroportées (BATA), Claude Pivi s’est imposé comme une figure redoutée au sein de l’armée guinéenne. Entre 2006 et 2008, il a été l’un des principaux meneurs des mutineries qui ont sérieusement ébranlé le régime du président Lansana Conté, contribuant à une période d’instabilité profonde au sommet de l’État.
À la suite de la prise du pouvoir par le capitaine Moussa Dadis Camara en décembre 2008, Claude Pivi a été nommé ministre chargé de la Sécurité présidentielle, poste stratégique au cœur de l’appareil sécuritaire du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).
Son nom restera toutefois durablement associé au massacre du 28 septembre 2009, lorsque les forces de sécurité ont réprimé dans le sang un rassemblement de l’opposition au stade du 28-Septembre de Conakry. Selon les Nations unies, les violences ont fait plus de 150 morts, 109 femmes violées, ainsi que de nombreux disparus.
Poursuivi aux côtés de Moussa Dadis Camara et de Moussa Tiegboro Camara, Claude Pivi a été jugé et condamné dans le cadre du procès historique relatif à ces événements. Avant le prononcé du verdict, une opération spectaculaire menée par son fils, Vernis Pivi, avait permis son évasion de la Maison centrale de Conakry, provoquant une onde de choc nationale.
Après plusieurs semaines de cavale, Claude Pivi avait été retrouvé au Liberia, dans un état de grande fatigue et d’épuisement, avant d’être ramené en Guinée et de nouveau incarcéré.
Le ministre de la Justice a annoncé son décès en détention. Cette disparition intervient alors que le procès du 28 septembre demeure un symbole fort de la lutte contre l’impunité en Guinée.
La mort de Claude Pivi marque la fin d’un parcours militaire controversé, étroitement lié aux heures les plus sombres de l’histoire contemporaine du pays.
La rédaction