L’Institut Supérieur des Arts Mory Kanté (ISAMK) de Dubréka a servi de cadre, ce jeudi, au lancement officiel de la résidence d’écriture de la mini-série « Drap Blanc », un projet ambitieux qui entend marquer un tournant décisif dans l’industrie cinématographique guinéenne.
Devant un public composé d’étudiants, de professionnels du cinéma et de représentants institutionnels, le scénariste et réalisateur Bobo Hérico a détaillé les missions et les objectifs de cette résidence, organisée avec le soutien de plusieurs partenaires.
« Notre rôle, c’est d’accompagner les jeunes créateurs dans le développement de leurs projets », a-t-il expliqué. « Nous avons commencé par poser les bases de l’écriture scénaristique, avant de passer au traitement, puis au séquencier. Aujourd’hui, nous approchons de la phase finale du processus. »
L’objectif de cette initiative est clair : offrir un cadre de travail professionnel aux jeunes scénaristes et renforcer leurs compétences afin d’élever la fiction guinéenne au niveau international.

Présent à la cérémonie, le directeur général de l’Office National du Cinéma et de la Photographie de Guinée (ONACIG), Amara Traoré, a salué cette initiative qu’il qualifie de « victoire pour le cinéma guinéen ».
« Nous venons de lancer officiellement la ‘Bible’ du cinéma pour cette série, avec la participation de deux experts venus du Sénégal. C’est un pas important dans la professionnalisation du secteur », a-t-il déclaré.
Le projet bénéficie du soutien de plusieurs institutions et organisations internationales, parmi lesquelles l’UNFPA, Expertise France, le CCFG, Canal+ Guinée et l’ISAMK.
Selon Amara Traoré, « Canal+ prendra part à la production, en partenariat avec les acteurs locaux. L’objectif est de faire du cinéma un outil d’éducation et de sensibilisation contre les violences faites aux femmes. »
Pour Hawa Mouctar Guéye, membre de l’équipe de coordination, « Drap Blanc » puise son inspiration dans des témoignages de femmes victimes de violences.
« Nous avons choisi Dubréka pour son cadre paisible, propice à la concentration. La série comportera plusieurs épisodes d’environ 13 minutes chacun. Après dix jours consacrés à la rédaction de la Bible, nous avons entamé trois semaines d’écriture intensive », a-t-elle précisé.
De son côté, Oumar Kourouma, délégué de Phœnix-Vision et coordinateur de la résidence, a souligné que cette initiative s’inscrit dans la continuité du Salon du Cinéma Guinéen tenu en mai dernier au CCFG.
« Cette résidence est rendue possible grâce à l’engagement de nos partenaires techniques et financiers. Elle prendra fin le 1er novembre 2025, date à laquelle le scénario final sera remis par les auteurs. C’est une étape décisive dans notre combat pour construire un écosystème cinématographique durable en Guinée », a-t-il indiqué.

Parmi les participants, M’Mah Soumah, étudiante à l’ISAMK, se dit fière de contribuer à cette œuvre collective.
« Nous avons commencé ce projet lors du Salon du Cinéma en mai. Drap Blanc aborde les violences basées sur le genre, les mutilations génitales féminines, les cas de viol et la discrimination envers les femmes. C’est un message fort que nous voulons faire passer à travers la fiction », confie-t-elle.
À travers « Drap Blanc », la Guinée affirme sa volonté d’utiliser le cinéma comme outil d’éducation, de sensibilisation et de transformation sociale.
Ce projet, à la croisée de la création artistique et de l’engagement citoyen, symbolise la montée en puissance d’une nouvelle génération de cinéastes déterminés à écrire une page inédite du septième art guinéen.
Walpmedia.info