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OGP : 207 agents réclament justice malgré une décision présidentielle ignorée

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À la suite du dernier Conseil d’administration de l’Office Guinéen de Publicité (OGP), 207 agents, laissés pour compte malgré l’instruction présidentielle de leur intégration à la Fonction publique et la mise à disposition de 17 milliards GNF, dénoncent des manœuvres internes et l’inaction de la direction. Par la voix de leur porte-parole, ils contestent les propos du DG Aladji Cellou Camara et réclament transparence, réintégration et paiement immédiat des arriérés.

Le jeudi 27 novembre 2025, le Conseil d’administration (CA) de l’Office Guinéen de Publicité (OGP) s’est tenu dans les locaux du ministère de l’Économie et des Finances pour la dernière session ordinaire de l’année. À l’issue de cette rencontre, le Directeur général de l’OGP, Aladji Cellou Camara, s’est exprimé dans les médias pour défendre la gestion de l’institution. Mais un groupe de 207 agents, enrôlés à l’OGP entre 2021 et 2022, dément catégoriquement ses propos et dénonce leur mise à l’écart malgré une décision présidentielle.

Ces agents, par la voix de leur porte-parole Oumar Camara, rappellent que le président Mamadi Doumbouya avait ordonné leur intégration à la Fonction publique et débloqué une enveloppe de 17 milliards GNF pour régulariser leur situation, payer leurs arriérés et stabiliser leur statut administratif. Pourtant, selon eux, la direction actuelle de l’OGP ne respecte pas cette décision.

Recrutés sous l’ancien DG Madian Sidibé, les agents affirment avoir signé un acte d’engagement transformé sans explication en contrat de stage, avec un salaire dérisoire de 1,5 million GNF par mois pendant deux ans. Après la chute de l’équipe Sidibé, la direction dirigée par Aladji Cellou Camara promettait « impartialité » et « zéro exclusion », mais les agents dénoncent un refus de travailler avec le personnel de l’ancienne équipe, au motif qu’il s’agirait d’un héritage dont elle ne veut pas. « Ils oublient que nous sommes des Guinéens avec des familles à nourrir et des enfants à scolariser », témoigne un agent.

Malgré leur enrôlement officiel et la délivrance de reçus FUGAS, ces 207 agents se retrouvent aujourd’hui sans statut clair ni salaire, certains accumulant jusqu’à 11 mois d’arriérés. Selon eux, les listes de paiement ont été modifiées et leurs noms remplacés par de nouveaux employés introduits par la direction, alors même que les 17 milliards GNF avaient été alloués spécifiquement pour eux. « C’est pour nous que l’État a payé ces 17 milliards. Comment nos noms peuvent-ils être supprimés ? », s’indigne un agent.

Les travailleurs appellent aujourd’hui à une réintégration officielle, au paiement immédiat de leurs arriérés et à la transparence sur l’utilisation de la subvention. Ils dénoncent l’inaction de la direction et la contradiction entre les décisions présidentielles et la gestion interne de l’OGP. « Nous irons jusqu’au bout pour que la décision du président soit appliquée et pour que notre dignité soit respectée », affirme Oumar Camara.

Cette situation soulève des questions graves sur la gouvernance interne de l’OGP : comment des agents enrôlés officiellement peuvent-ils se retrouver sans statut ? Comment les fonds publics ont-ils été utilisés ? Et surtout, comment une décision présidentielle peut-elle être contournée ?

Pour les 207 agents concernés, il s’agit d’un combat pour la justice, la reconnaissance et la réparation intégrale de leurs droits, qu’ils entendent mener jusqu’au bout.

 

Rédaction

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