Dans un scrutin présidentiel qui restera dans les annales politiques ivoiriennes, Alassane Dramane Ouattara a remporté un quatrième mandat consécutif dès le premier tour, infligeant un véritable coup KO à ses adversaires. Selon les résultats provisoires publiés ce lundi par la Commission électorale indépendante (CEI), le président sortant a obtenu 89,77 % des suffrages exprimés, reléguant loin derrière lui ses challengers et confirmant son emprise politique sur le pays.
Avec ce score écrasant, Ouattara consolide son leadership au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et affirme sa stature de chef incontesté de l’exécutif ivoirien. Son principal adversaire, Jean-Louis Billon, n’a recueilli que 3,09 % des voix, et a reconnu sa défaite en félicitant le président réélu, soulignant la clarté du verdict des urnes.
Le taux de participation s’est établi à 50,10 %, légèrement inférieur à celui des scrutins de 2020 et 2015, reflet d’une abstention accentuée par l’invalidation des candidatures de figures majeures de l’opposition, telles que Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Cette dynamique a offert à Ouattara une victoire quasi totale, mais elle souligne également le contexte politique tendu dans lequel s’inscrit cette élection, marqué par des accusations de restriction des libertés publiques et de marginalisation des forces de l’opposition.
À 83 ans, le président sortant, en poste depuis 2011, promet de poursuivre son agenda de réformes économiques et de préparer progressivement la relève politique du pays. Toutefois, l’absence de dauphin clairement désigné laisse planer une interrogation sur la future orientation politique de la Côte d’Ivoire et sur la capacité du RHDP à assurer une transition ordonnée à moyen terme.
Le Conseil constitutionnel est désormais attendu pour proclamer les résultats définitifs, après la période de contentieux électoral. Si ces résultats sont confirmés, Alassane Ouattara restera à la tête de la Côte d’Ivoire jusqu’en 2030, consolidant ainsi un parcours politique marqué par une longévité exceptionnelle et un contrôle quasi total de l’exécutif.
Cette réélection, qu’on pourrait qualifier de coup politique magistral, confirme non seulement la popularité d’Ouattara dans son camp, mais illustre aussi la maîtrise stratégique de son parti dans un contexte électoral délicat. Dans l’arène politique ivoirienne, le « Coup KO de Ouattara » marque donc un tournant décisif et un moment historique pour le RHDP et pour la présidence de la République.
AFP